L'aigle bleu bat de l'aile

Après le constat de l'évasion de 50 millions d'Euros,
Khalifa Bank placée sous contrôle de l'Etat
et ses avions cloués au sol

la ministre déléguée à la Réforme financière n'a pas exclu l'engagement " de poursuites pénales contre El Khalifa Bank si certaines infractions sont avérées ". En attendant, la commission bancaire a décidé de désigner un administrateur provisoire auprès de la banque privée El Khalifa Bank. L'information a été rendue publique hier à travers un communiqué de la Banque d'Algérie.
Déjà sous le coup d'une suspension de ses transferts à l'étranger, pour "irrégularités" relevées dans son fonctionnement, la commission bancaire ôte ainsi du coup tous les pouvoirs managériaux et techniques à cette banque. Les irrégularités concernent le transfert des capitaux à l'étranger d'un montant de 50 millions d'Euros non adossés à des opérations commerciales, selon des sources concordantes non démenties par Rafi Khalifa dans son intervention du samedi 1er mars sur sa chaîne de télévision En vertu de cette décision, les pouvoirs nécessaires à l'administration et à la gestion de la banque El Khalifa Bank sont transférés à l'administrateur provisoire, qui est M. Djellab Mohamed, directeur général adjoint chargé de l'exploitation au niveau du Crédit populaire d'Algérie (CPA), selon le quotidien Le Soir d'Algérie.

El Khalifa Bank est soumise depuis le 27 novembre à une mesure conservatoire de suspension des transferts de fonds vers l'étranger, prise à son encontre par la Banque d'Algérie en application de la loi sur la monnaie et le crédit.
Les dépenses extravagantes effectuées par le groupe Khalifa étaient très douteuses. Des sources très crédibles indiquent que les sorties de la banque sont beaucoup plus importantes que ses rentrées. Ce qui fait que la banque se retrouve dans l'incapacité de rembourser ses clients à qui elle propose des taux d'intérêts exorbitants dépassant de loin ceux du marché. Beaucoup de fournisseurs étrangers attendent de récupérer des paiements au titre des opérations d'importations domiciliées à El Khalifa Bank.
Récemment, lors d'un forum, un homme d'affaires libanais avait même interrogé Madame Mentouri, la ministre déléguée chargée de la Réforme financière, sur la manière de récupérer ses fonds après que le gouvernement algérien eut bloqué tous les transferts à l'étranger de El Khalifa Bank.

La compagnie aérienne a du plomb dans l'aile


Le jour même où la banque d'Algérie annonce la mise sous contrôle de la banque du blanchisseur de l'argent des généraux la compagnie Khalifa Airways a vu ses appareils cloués au sol. Les agences au niveau d'Alger ont baissé rideau. D'autres refusaient de vendre des billets. " Une virée à l'aéroport d'Alger n'a fait que confirmer le malaise, rapporte le quotidien Liberté. Du côté des lignes internationales, l'accès nous est impossible. Mais les propos recueillis auprès des citoyens à l'extérieur de l'enceinte aéroportuaire étaient plus qu'éloquents.
"Constatez par vous-mêmes tout ce monde. Il y a vraiment problème, et personne n'est en mesure de nous fournir une quelconque information", nous a déclaré un citoyen visiblement excédé par une attente trop longue, mais surtout par le mépris affiché par le transport Khalifa. "Il y a eu le vol pour Londres, mais nous n'en savons pas plus", a enchaîné un autre sans autre conviction tant l'information se donne au compte-gouttes. "
" Pris d'assaut, les agents de Khalifa perdaient presque leur sang-froid " ajoute le quotidien Liberté. Du côté du groupe Khalifa on continue à rester muets tout au long de ces trois mois de gel et ont préféré la loi du silence à celle de la transparence.

Dans la presse algérienne l'événement est étouffé par le quotidien l'Expression de l'ancien Assistant de la Sécurité Préventive (indicateur de la SM) au niveau du journal El Moudjahid, Ahmed Fattani. Le Matin qui a fait les gorges chaudes n'a pas fait état de l'ambiance régnant à l'aéroport d'Alger du côté de la compagnie de l'aigle bleu. Le Soir d'Algérie tout en rapportant l'information s'est fendu d'un commentaire qui conclut que tout ce qui arrive à Khalifa c'est par la faute de Bouteflika et que ce ne sont là que des pressions exercées sur le " lavomatic " des généraux. Le jour où les documents parleront d'eux-mêmes nous aimerons bien savoir s'il s'agit de pression ou de l'éclatement d'une vérité longtemps étouffée par la distribution généreuse d'enveloppes sous tables pour certains patrons de la presse française et algérienne.


04/03/03


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