Les mots sont amers,
Comme une épée,
Ils blessent là où ils passent.
La flatterie, elle, facile et reposante
Abuse mais empoisonne.
Un mot, c'est une dette qui n'engage
Que celui qui est libre Ahmed Fouad Negm
Ce livre est le cauchemar de ceux qui ont abusé de l'Algérie et de son peuple
Assainir l'armée
L'attaque de la caserne de Bougzoul (sur la route de Ksar El-Boukhari dans la wilaya de Médéa) la semaine passée, ne cesse de susciter des interrogations dans l'opinion publique.
N'étant pas la première du genre, cette opération qui fait suite à celle de Guemmar, de la base navale d'Alger, de Reghaïa et de l'unité de la gendarmerie nationale à Sétif, nous amène à nous interroger sur ces complicités qui ont facilité la tâche aux terroristes pour commettre de véritables massacres dans les enceintes militaires.
Comment se fait-il que cette institution considérée jusqu'à une date très récente comme la plus solide, la plus disciplinée et la mieux organisée de toutes les institutions du pays se trouve si perméable pour receler en son sein de véritables réseaux terroristes?
Le nombre d'officiers, de sous- officiers et de djounoud qui ont 'comparu ou en instance de comparaître devant les juridictions militaires, révèle l'ampleur de ce fléau qui a gangrené l'armée. Pourtant, dans cette armée existe un service de sécurité dont la mission première est la prévention contre toute infiltration d'éléments subversifs. Dans chaque unité militaire, un officier de la direction de la sécurité de l'armée veille au grain sur le respect des mesures de sécurité, sur les anomalies ou les carences susceptibles de provoquer des incidents de sécurité et de veiller surtout sur le personnel militaire qui doit être irréprochable au plan disciplinaire.
Par conséquent, il est exclu qu'un militaire puisse s'adonner à une quelconque activité politique, ou du moins, afficher des positions politiques ou avoir des fréquentations peu recommandables. Il est aussi de notoriété publique que .tout engagement dans les rangs de l'armée, obéit à des règles bien définies et toute nouvelle recrue est soumise à une enquête sur ses antécédents.
Ces règles sont observées comme dans toutes les armées du monde pour préserver l'institution de toute infiltration douteuse. Même les appelés du contingent n'échappent pas aux règles sécuritaires et leur méconnaissance du milieu militaire font que généralement ce sont eux qui redoutent le plus les services de sécurité de l'armée. Aussi, cette crainte que suscite en nous tout le prestige de l'armée et l'efficacité de ses services de sécurité étaient suffisants pour dissuader tout élément qui songerait un tant soit peu à s'écarter de la voie tracée par la discipline militaire.
Ainsi, Boumârafi et tous les complices des terroristes ne peuvent échafauder leurs plans diaboliques s'il n'y avait pas en l'air un sentiment de relâchement. Boumârafi bien qu'il soit un cas exceptionnel, dans la mesure où son acte ne peut être isolé, n'aurait tout de même pas osé croire ses commanditaires et se faire convaincre pour accomplir; sa sale besogne. Les sous-officiers de la base navale d'Alger n'auraient jamais songé égorger leurs camarades au lit. Et le sous-officier de Bougzoul n'aurait jamais eu le courage de faire entrer dans la caserne deux personnes étrangères dont un fils d'un ancien harki.
Ces militaires indignes de l'uniforme qu'ils portent ont souillé le symbole de notre souveraineté. Cette souillure doit interpeller les responsables de l'institution militaire pour assainir l'ANP de ceux qui sont à l'origine de la démobilisation, du relâchement disciplinaire et de l'affaiblissement de cette armée qui doit être plus que jamais le bouclier sur lequel se briseront toutes les menées déstabilisatrices dirigées contre l'Algérie.