Après El-Khalifa Bank l'Etat récupère Khalifa Airways


160 milliards quittent quotidiennement El-Khalifa Bank



L.administrateur d'El-Khalifa Bank, M. Mohamed Djellab, a obtenu, mardi
dernier, une ordonnance de saisie conservatoire avec mobilité à l'encontre de
la compagnie Khalifa Airways. Le lendemain, un huissier de justice s'est
présenté au siège de la compagnie aérienne ainsi qu'au niveau des différentes
administrations de l'aéroport d'Alger pour exécuter l'ordonnance en
question. Considérant l'endettement de la compagnie auprès de la banque du
même groupe, l'administrateur a réclamé, selon les règles d'usage, le
gigantesque découvert de la compagnie aérienne auprès de la banque.

Opération inédite en Algérie, la saisie conservatoire avec mobilité permet la
poursuite de l'activité de la compagnie en obligeant les dirigeants de la
compagnie à passer la main à un administrateur de biens chargé de veiller aux
intérêts du demandeur, en l'occurrence l'administrateur d'El-Khalifa Bank.

La même procédure aurait également été lancée contre les autres entreprises
du groupe ayant des dettes au niveau d.El-Khalifa Bank. La dette globale de
tout le groupe est estimée, par une source proche du groupe, à plus de 220
millions de dollars.

Le maintien de l'activité et des emplois de Khalifa Airways et d'El-Khalifa
Bank serait la priorité des pouvoirs publics qui supplantent les carences du
propriétaire, M. Abdelmoumène Khelifa. Ce dernier, qui s'est réfugié à
Londres, a fait l'objet d'un mandat d'amener de la part d'un juge algérien
après plusieurs convocations infructueuses, selon des sources judiciaires.

La Banque d'Algérie débourse 60 milliards par jour

Actuellement, c'est la Banque d'Algérie qui fait face aux demandes de
retraits des clients d'El-Khalifa Bank. Toutefois, les entreprises étatiques
ainsi que les institutions publiques, telles que Sonatrach, la BADR ou la
CNAS, ne sont pas autorisées à retirer leurs dépôts. Ces dépôts s'élèvent,
selon une source proche de la banque, à l'équivalent d'un milliard de
dollars que le propriétaire serait incapable de rembourser.
Toujours selon la
même source, M. Khelifa aurait utilisé ces dépôts pour créer de nouvelles
entreprises.

A contrario, plus de 60 milliards de centimes sont retirés quotidiennement
des comptes des particuliers. "Une véritable hémorragie dans la mesure où,
par le passé, il fallait plusieurs mois pour que pareille somme quitte les
coffres de la banque privée", relève la même source en ajoutant que le
"mutisme", observé jusqu'à présent par l'administrateur provisoire d' El-Khalifa Bank,
n'est pas fait pour arranger les choses.

Chargé, il y a plus de 15 jours, par la Banque d'Algérie de "remettre sur
rails" la filiale phare du groupe Khalifa, M. Djellab, hormis deux réunions
tenues au lendemain de son installation, avec les cadres de la banque privée,
ne s'est pas encore prononcé sur la stratégie qu'il compte mettre en oeuvre
pour sauver l'entreprise. Les analystes concèdent qu'il faut plus de 15
jours pour procéder à un pré-audit. En d'autres termes, M. Djellab ne dispose
pas encore d'éléments comptables pour savoir vers quelle voie serait
prédestinée El-Khalifa Bank : le maintien ou la liquidation. Toutefois, notre
source n'omet pas de signaler que "si rien n'est entrepris au plus haut
niveau", dans les plus brefs délais, El-Khalifa Bank ira inéluctablement vers
une banqueroute. Dans le même sens, il est reproché à l'administrateur d'avoir
écarter les cadres dirigeants de la banque à la faveur de certains
retraités du CPA. "Une bonne partie des créances du groupe Khalifa n'est
toujours pas recouvrée", note cependant notre source en signalant que M.
Djellab devrait prendre en considération cet important paramètre pour
renflouer les caisses de la banque. Il citera l'exemple de la filiale Khalifa
Construction qui a fait un crédit de 500 millions de DA auprès de la banque
du même groupe sans qu'elle puisse rembourser le moindre dinar. "Récupérer de
telles sommes, pourrait renflouer d'une manière considérable les caisses de
la banque", ajoute notre interlocuteur avant de conclure que "jusqu'à la fin
de la semaine écoulée, les seuls objets appartenant à El-Khalifa Bank, qui
ont été redéployés, se limitaient aux téléphones portables et aux véhicules
détenus auparavant par les autres filiales".

S. H. et Y. B
Le Jeune Indépendant
du 22/03/2003
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le 24/03/03

 

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