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Le général Betchine a torturé les manifestants d'octobre, détourné des biens de l'état
et violé les lois de la république
Voici mes preuves. Elle sont irréfutables

Dans la lettre ouverte que je lui avais adressée, alors qu’il était ministre conseiller de Liamine Zeroual, président de la république, j’ai dénoncé le général Mohamed Betchine pour avoir pratiqué la torture sur les manifestants des évènements d’octobre 1988, pour avoir violé les lois de la république et pour avoir abusé du pouvoir qu’il a exercé.
Le général Betchine a estimé que je l’avais diffamé et m’a donc, poursuivi en justice pour diffamation, une année après la publication de la lettre. Or, il n’y a pas de diffamation. Il s’agit d’une dénonciation.
Dans le cas d'une dénonciation, il n ’appartient pas à la personne incriminée de la juger si elle est calomnieuse ou pas. Au vu de la gravité des faits pour lesquels le général Betchine est accusé, la justice a pour devoir d’ouvrir une enquête.
Pour l ’ouverture d’une enquête judiciaire, je mets à la disposition de la justice algérienne les éléments dont je dispose et qui constituent des pistes de preuves bien qu’elles sont en réalité des preuves irréfutables.
Voici mes preuves.
1/ La torture
Le général Betchine peut bien avancer que lors des évènements d’octobre 1988 je n’étais pas en Algérie. Ce qui est vrai et du moment qu’il peut accéder à mon dossier militaire il pourrait me sortir un ordre de mission attestant que du 5 au 11 octobre je me trouvais en mission à Tunis.
Il peut également avancer que je ne faisais pas partie de la DCSA dont il était patron. Ce qui est aussi vrai.
Il avance, aussi, que je n’ai jamais fait partie des services opérationnels de la DGPS (ex DCSM) et par conséquent je ne pouvais avoir accès à des informations qui relèvent du secret confidentiel dont les opérations d’arrestation et de torture. Je n’ai jamais prétendu avoir fait partie de ces services.
Le général Betchine peut bien affirmer que je n’avais fait qu’un bref passage dans les services de sécurité et que je n’étais « qu’un simple scribouillard qui n’a jamais effectué la moindre formation en matière de sécurité et de renseignement » comme il se plaît à le répéter à chaque fois qu'on lui évoque mon nom. C'est vrai. Je n'ai jamais prétendu le contraire.
Cependant, le général Betchine feint d’oublier que même si je n’étais pas dans les services opérationnels ni à la DCSA, je pouvais rencontrer des officiers de cette structure. Ils peuvent bien m’en parler.
Mais je ne me limite pas à ce qui m’a été rapporté pour dénoncer le général Betchine. Des documents officiels sont la meilleure preuve de mes assertions.
Le général Mohamed Betchine a bien été nommé Directeur Central de la Sécurité de l’Armée en septembre 1987. La caserne de Sidi Fredj faisait bien partie des enceintes placées sous le contrôle de cette structure. Cela prouve bien sa responsabilité dans ce qui est arrivé dans cette caserne qui a servi de cadrpour des séances de tortures collectives.
Cependant, la meilleure des preuves est le témoignage du général Khaled Nezzar quand il évoque la torture.
Dans un témoignage recueilli par le journaliste Sid Ahmed Semiane (SAS) publié dans un livre où il avait fait parler les principaux acteurs qui ont participé aux évènements d’octobre 1988, le général major Khaled Nezzar, ancien ministre de la défense nationale, cite Kaddour Lahouel, le beau fils de l’ex president Chadli Bendjedid parmi les personnes qui ont assisté aux séances de torture des manifestants qui ont eu pour théâtre la caserne de Sidi Fredj.
A cette époque, Kaddour Lahouel était wali (préfet) de Tipaza. Aucun wali n’est autorisé à entrer dans une caserne militaire sans autorisation de l’autorité militaire dont elle dépend. S’agissant d’une caserne relevant des services de sécurité, il ne vient même pas à l’esprit d’un wali de penser à y accéder.
Kaddour Lahouel n’est pas rentré seul à la caserne de Sidi Fredj. Il était accompagné du colonel Mohamed Betchine, qui était le Directeur Central de la sécurité de l’Armée depuis septembre 1987.
2/ Violation des lois de la République
Qu’on me trouve un seul document public attestant que le général Betchine, après sa démission de ses fonctions à la présidence de la République avait fait sa déclaration des biens.
Ayant dépassé les deux mois réglementaires pour faire sa déclaration du patrimoine conformément à l'ordonnance n° 97-04 du 11 Janvier 1997 et du décret executif n° 97-227 du 23 Juin 1997, Betchine s'expose aux sanctions prévues par les articles 228 et 301 du code pénal.
Sa non déclaration est assimilée selon l'ordonnance 97-04 du 11 Janvier 1997 à une fausse déclaration. Il est tenu de déclarer l'ensemble de ses biens y compris les caractéristiques de son habitation individuelle, les bijoux, les montants des comptes bancaires etc.
Il y a lieu de signaler que dans sa déclaration à sa prise de fonction il avait omis volontairement de déclarer la Sarl Cirta Com , la deuxième ligne de crédit qu'il devait investir pour la réalisation d'une usine d'émail, un terrain à bâtir à Ain Smara où il projetait de construire une clinique en association avec Benboualia et Yahia Guidoum (l'un apporte les finances,l'autre le savoir faire et Betchine la caution morale). L'acte notarié de cette société a été enregistré en 1993 (Benboualia possède une copie de l'acte notarié) chez le notaire Kaddour Mohammed, 4èm Kilomètre, route d'EI khroub.
3l Détournements des biens de l'Etat
Le général Betchine ne pourra pas nier qu’après son départ de la DGDS, il avait gardé le véhicule de service, la Peugeot 505 VSD de couleur grise métallisée.
Les témoins qui l’ont vu à bord de cette voiture se comptent par centaines.
Il ne pourra pas non plus nier le détournement de la villa de fonction qu’il avait fini par la vendre comme si c’était son bien personnel.
Sa villa personnel se trouve à Constantine à Haï ElMouchadjara (Sidi Mabrouk supérieur). Pour justifier la construction d’une villa estimée à plus d’un milliard au début des années 90, le général Betchine trouvait normal d’utiliser les moyens de l’armée. Mais c’est un détournement.
Cela ne semble pas suffire. Le général fait l'acquisition d’un chalet à Ain El Bey à Constantine qu’il a vendu pour 180 millions en 1992 (c’était une fortune à l’époque). Il a acquis, également une villa dans le quartier de belle vue à Constantine (vendue également).
A Moretti il s’approprie deux villas dont une sera attribuée à sa fille Nadjette épouse de Ghalib Djebbour directeur de l'Authentique (cette villa appartenait également aux services de sécurité).
Les acquisitions de locaux commerciaux (à la cité Boussouf au nom de son frère Ali, à St Jean au nom de l’une de ses filles) ne se comptent plus.
Tous ces biens détournés par un général qui confondait les biens de l’état avec ses biens personnels comptent pour des prunes devant ce qu’il avait amassé par la suite.
Il a bénéficié de deux lignes de crédit italiennes par le biais du Crédit Populaire Algérien à Constantine. L’un pour la construction d’une usine de Céramique à Oued Seguen. Elle est entrée en production depuis plusieurs années. La seconde était destinée pour la construction d’une usine d’émail. Ces lignes de crédit ont-elles étaient remboursées par le général Betchine ? Selon des sources proches du CPA, il y a tentative de privatiser cette banque juste pour effacer la dette du général qui refuse de payer.
3/ Abus de pouvoir
Ce sont les abus qui ont fait de Mohamed Betchine le général qui a le plus fait parler de lui en mal. De l’agent de police qu’il avait giflé pour lui avoir collé une contravention alors qu’il était en stationnement interdit du côté de la place de la brèche à Constantine à l’arme de poing qu’il dirigea contre un jeune footballeur d’un club rival dont il était dirigeant, les anecdotes ne manquent pas.
- Il fait fi des décisions et des jugements rendus par la justice. Lorsque je l’ai fait condamner à deux mois de prison ferme par le tribunal de Sétif, son associé et sbire Mohamed Réda Benboualia ne jugea même pas utile de faire appel. Il était fort de l’appui du général.
Mohamed Betchine pourrait s’en laver les mains de cette affaire et prétendre que cela concernait Benboualia. Il faudrait voir pourquoi et dans quel contexte j’ai obtenu la condamnation de Benboualia pour se convaincre de l’influence du général.
Il a suffi que Benboualia se bagarre avec Ahmed, le fils du général pour qu’il se retrouve dans l’heure qui suit en garde à vue, puis placé sous mandat de dépôt avent de se voir condamné à une peine de prison ferme et le déposséder de tous ses biens.
- Il s’appropria le journal El Acil en abusant de son pouvoir et en faisant fi des lois de la république. Le titre est bel est bien enregistré sous mon nom et l’autorisation de publication est bien délivrée en mon nom.
Mais, le plus grave est ailleurs :
- Il est derrière la condamnation à mort par contumace de l’universitaire Ali Bensaad. Ce dernier, lors d’un meeting organisé par Redha Malek à Constantine avait exprimé son rejet « d’un état islamiste de Abbassi Madani et d’un état policier de Mohamed Betchine ». Bensaad sera condamné en tant que terroriste.
- La suspension d'EL WATAN le 15 Novembre 1994 pour une durée de
15 jours pour avoir insinué qu'il était derrière la suspension du LIBRE et mon interpellation par les services de police.
- La suspension du quotidien LIBERTE et l'arrestation de deux de ses
responsables pour avoir publié dans la page "radar" une information
selon laquelle il serait pressenti pour le poste de ministre de la Défense
- La machination judiciaire dont a été victime son ex- homme de main
Benboualia qui purgea plus de 3 ans et demi de prison. A sa sortie de prison il s’est trouvé déposséds de tous ses biens qui ont été mis au nom de Guedidi Aïcha Baya, épouse du général Mohamed Betchine.
- La suspension de l'hebdomadaire LE LIBRE pour une durée indéterminée, alors que la loi la limite à six mois au maximum. Certes, c'est l'ex ministre de l'intérieur Abderrahmane Meziane Cherif qui avait signé l'arrêté de suspension (ce n'est qu'un minable larbin) mais c'était sur injonction de Betchine.
Les accusations que je porte contre le général Betchine sont claires et précises. Elles ne souffrent d'aucune ambiguïté. Les preuves sont là. Elles sont irréfutables et je ne suis pas le seul à les connaître. L'ouverture d'une information judiciaire est toute indiquée.
S'il a ouverture d'une enquête judiciaire, je prends un engagement public que je rentrerai en Algérie pour me mettre à la disposition de la justice quelq ques oient les risques que cela implique.
Dans le cas où la justice algérienne venait à maintenir ma condamnation tout en refusant d’ouvrir une enquête judiciaire je ferais appel aux instances internationales.
Hichem ABOUD
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