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Cet article a valu au quotidien El-Watan 15 jours de suspension sans notification pour avoir été le seul organe de presse à avoir osé donner l'information concernant mon arrestation et la suspension du journal. La suspension est, évidemment, prise sur instruction du général Betchine.
PRESSE/
"Le Libre" suspendu
La presse indépendante est-elle livrée à tous les vents ? Une semaine après la suspension d'EI Ou ma et d'EI Wadjh El Akhar, l'hebdomadaire Le Libre est, depuis samedi, touché par la même mesure. Les menaces du ministre de la Communication se concrétisent de plus en plus.
Mercredi, le parquet de Constantine demande à un membre de la rédaction , dont le siège est établi dans la zone Industrielle de la même ville, des Informations sur Hichem Aboud, directeur du Libre. Absent, le premier responsable ne peut se présenter au tribunal. Samedi, des policiers, munis d'un mandat de perquisition, fouillent le siège de la publication. Le même jour l'ENAP, entreprise d'impression, reçoit l'ordre de ne pas tirer Le Libre. Le directeur du Journal est interpellé par des policiers.
Lundi matin, II est présenté devant un juge d'Instruction près le tribunal d'Alger. Cette juridiction est théoriquement non qualifiée, car seul est compétent, le tribunal de Sétlf où se trouve le siège social du journal. En vertu de la loi, l'instruction ne peut avoir lieu en aucune manière. D'après des sources proches du Journal, Hichem Aboud est mis sous contrôle judiciaire, en application de l'article 125 bis du Code de procédure pénale.
De ce fait, le journaliste est astreint à se présenter au tribunal, au moins une fois par semaine, pour signer un registre de présence. Il ne doit pas quitter le territoire national. Selon les mêmes sources, l'action judiciaire a été déclenchée après que le ministère de l'Intérieur ait signifié à la direction la mesure da suspension, datée du 12 novembre.
Jusqu'à hier soir, cette suspension n'a pas été annoncée officiellement par le ministère concerné. A en croire un membre du collectif rédactionnel, Le Libre est accusé d'avoir diffusé des informations "de nature à porter atteinte à l'ordre public et aux Intérêts supérieurs de l'Etat". La publication est suspendue pour une durée Indermlnée, contrairement à la loi qui la limite à six mois. Selon le même Interlocuteur, II n'y aurait pas de partie plaignante. S'agit-il du mlnltère de l'Intérieur ? Le document portant suspension du titre ne le précise pas. Comment alors s'est engagée l'action judiciaire? Une énigme.
II est reproché au journal la publication dans son numéro zéro, daté du 1er novembre d'un article relatif à l'assassinat de Boudiaf, article comprenant une coquille. A cause de cette erreur, le journal a été bloqué par sa direction au niveau de l'Imprimerie, Comment a-t-on pris alors des mesures aussi sévères contre le journal ?
Cette question s'impose d'elle-même dans la mesure où l'action de la loi est caduque du moment que l'article incriminé n'a pas été rendu public, le journal n'ayant pas été diffusé. La mise en garde de Benamar Zerhouni commence à prendre effet. En l'espace d'une semaine, trois publications indépendantes sont suspendues. Les professionnels s'attendent à un autre hiver noir pour la presse. Entre-temps, la corporation resta sans nouvelles de Kadour Bousseiham, journaliste à Horizons, kidnappé depuis plusieurs semaines, par un groupe armé, du côté de Mascara.
F.M
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