Ce qui s’était dit entre Nezzar et moi au tribunal de Paris

De nombreux téléspectateurs m’ont aperçu, sur les chaînes de télévision française, converser avec le général à la retraite Khaled Nezzar. De nombreux amis m’ont téléphoné et d’autres m’ont écrit pour connaître la teneur de l’échange que j’ai eu avec l’ancien ministre de la Défense Nationale. Voici dans les détails ce qui s’était dit entre nous:

Au moment où je m’apprêtais à quitter la salle après une levée d’audience pour une pause d’un quart d’heure, de nombreux citoyens s’étaient approchés de moi pour me saluer. C’est alors qu’apparut Nezzar en posant sa main sur mon épaule et en me disant
- Ya ssi Aboud, pourquoi tu n’es pas venu?
- venir où?
- Témoigner avec eux...
- Ce que j’ai à dire, je l’ai écrit noir sur blanc. Que veux-tu que je dise de plus? Tu n’a même pas osé me poursuivre en justice?
- Pourquoi veux-tu que je t’attaque en justice?
- Si je t’avais diffamé tu l’aurais fait, mais comme tout est vrai tu ne pouvais le faire.

Là, le général change de sujet et me pose la question suivante:
- Quelle est la couleur de ta médaille?
-C’est une médaille de l’armée algérienne et non pas de l’armée française. Et comme le document qui l’accompagne était signé de ta main qui ruisselle du sang des algériens, j’ai refusé d’aller la chercher. On me l’a ramené à la maison.
- Pourquoi es-tu alors resté quand il y avait la torture?
- NOn, je ne suis pas resté. En 1990, j’ai arrêté de servir et j’ai demandé ma radiation. Je ne pouvais servir dans une armée commandée par un homme de ton espèce. Je refusais de me faire instrumentaliser.

Sur ces paroles, Nezzar coupa la discussion en me disant « puisque c’est comme ça ce n’est plus la peine de te parler. » Je lui rétorqua « nous en reparlerons devant le tribunal d’Alger où j’ai déposé une plainte contre toi et tes complices. Et si le tribunal d’Alger ne donnera pas suite, nous nous expliquerons devant la cour pénale internationale ». C’est alors qu’intervient un officier des services secrets français qui assurait la protection de Nezzar pour me dire « vous êtes un grand provocateur, vous! ». - « Oui, je suis un provocateur mais pas un criminel comme votre ancien sous officier ». l’officier de la DST ne trouva rien d’autre qu’à me dire « alors pourquoi restez vous en France où vous êtes réfugié ?» Croyant me piéger, il ne s’attendait guère à ma réponse « Eh bien sache que ça fait bien longtemps que j’ai quitté votre pays. La France je la laisse à vos sbires et vos anciens sous officiers indigènes ».


Nezzar voulait prendre un café avec moi

Au troisième jour du procès et au moment où je conversais avec Mohamed Samraoui, le capitaine Aïssa, garde du corps de Nezzar était venu nous saluer respectueusement. Ce qui a étonné les nombreux larbins qui accompagnait Nezzar . Ils venaient d’avoir la preuve que nous sommes respectés par nos anciens compagnons d’armes et par toute la famille militaire. Une belle leçon de civilisation que celle administrée par un “bidasse” à Sid Ahmed Ghozali qui baissa les yeux en me croisant et en allant raser les murs.

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