FUITE DES CAPITAUX:
KHALIFA PRIS LA MAIN DANS LE SAC

Selon le quotidien Le Monde, suite à une bagarre générale qui a eu lieu devant le siège du groupe Khalifa à Alger au cours de laquelle un agent de sécurité a été mortellement blessé, le juge d'instruction du tribunal d'Alger a lancé un mandat d'amener contre le blanchisseur de l'argent des généraux, Rafik Khalifa. D'autres sources lient ce mandat d'amener à l'arrestation de trois de ses complices à l'aéroport d'Alger en possession de la somme de 2 millions d'Euros dans un bagage à main. Rafik Khalifa a laissé ses complices entre les mains des policiers et s'est enfui.

Yves Cresson l'homme fort de Khalifa-tv a démenti timidement le mandat d'arrêt mais pas l'essentiel de l'affaire.

Qu'on ne vienne surtout pas nous dire qu'il s'agit d'une cabale montée contre le blanchisseur de l'argent des généraux. Qu'on ne vienne surtout pas nous dire qu'il s'agit d'une guerre de clans au niveau du pouvoir occulte tenu par les généraux. Quoiqu'il en soit, les faits sont là.
Après les 5 millions d'Euros transférés vers une banque écran à Monaco, Rafik Abdelmoumen Khalifa vient de se distinguer, une fois de plus, par des actes qui n'honorent guère un homme d'affaire qui veut se faire passer pour un affairiste respectable. Tel un vulgaire trafiquants Rafik Khalifa a été pris en flagrant délit avec dans une valise transportée par ses hommes de main bourrée de billets de banque. 2 millions d'Euros qui prennent la fuite de manière illégale.
Où s'est-il procuré ces 2 millions d'Euros ? De sa banque ? Nul n'ignore qu'une banque ne peut se permettre de délivrer une somme pareille fut à son propre actionnaire principal. Khalifa-Bank serait-elle une simple boîte à sous pour faciliter au milliardaire trabendiste de faire sortir les devises sans contrôle aucun ?
En se faisant prendre la main dans le sac, Rafik Khalifa qui ne s'est jamais expliqué sur l'origine de sa fortune venait de donner la preuve éclatante que ses affaires ne sont pas aussi propre qu'il entend nous le faire croire. Sa fortune, il l'a bâtie sur l'argent détourné par les généraux en plongeant l'Algérie dans une effroyable pauvreté. Sa fortune, comme il vient de le démonter, il l'a bâtie sur le vol, l'escroquerie, la contrebande et les affaires louches.
Comme un voleur qui rase les murs, il a tablé sur la grève générale pour opérer. Croyant que les douaniers allaient entrer en grève, il charge ses hommes de main de faire passer frauduleusement une valise contenant 2 millions d'Euros. Une somme destinée sûrement pour payer ses salariés de sa chaîne de télévision. Il faut préciser que ses nombreux conseillers et collaborateurs français sont payés en liquidité sous table. Ce qui les arrange dans la mesure où ils n'auront pas à déclarer les gains substantiels gagnés chez Khalifa sur leur déclaration de revenus annuelle.
Eh, oui ! Tout a une fin. En voulant trop briller, Khalifa a certainement précipité sa fin. Il ne lui reste plus qu'à compter sur un certain Sid Ali Mediene fils du tout puissant général Tewfik, qu'il compte parmi ses proches collaborateurs, pour le sortir de cette embarrassante situation. Sans intervention du général Tewfik et de son larbin Tounsi Ali dans l'enquête ouverte suite à cette affaire Khalifa risque au minimum 6 mois de prison. S'ils ont un autre blanchisseur sous la main, les généraux maffieux peuvent sacrifier le sponsor généreux de l'Olympique de Marseille et de Bègles, l'équipe de Rugby de son ami intéressé Gérard Depardieu. Quant aux deux millions d'Euros, leur perte ne représente pas grand chose pour les véritables propriétaires du pognon.

De son côté, Rafik Khalifa s'est contenté de démentir l'information rapportée par le quotidien Le Monde selon laquelle il aurait fait l'objet d'un mandat d'amener sans toutefois démentir l'information rapportée par le quotidien El Watan concernant les 2 millions d'Euros que tentaient de faire sortir illégalement trois de ses agents.

Attendons la suite…
En attendant, lisant ce que nous rapporte El Watan sur ce nouveau scandale khalifien.

Hichem Aboud

AÉROPORT D'ALGER / Trois cadres du groupe Khalifa interpellés

Trois des plus proches collaborateurs du patron du groupe Khalifa ont été appréhendés lundi soir à l'aéroport international d'Alger, au moment où ils s'apprêtaient à quitter le pays avec une somme de 2 millions d'euros, apprend-on de source douanière.

Cette dernière a précisé que les trois cadres du groupe Khalifa devaient embarquer aux environs de 23 h, (à quelques dizaines de minutes de la grève générale qui devait être déclenchée à minuit) à bord de l'avion privé de leur patron, à destination de Paris, lorsque les douaniers leur ont demandé d'ouvrir les trois valises qu'ils ont faites passer comme bagages à main. Nos interlocuteurs n'ont pas écarté la thèse d'une complicité au sein de la police, puisqu'un agent a été interpellé et ferait toujours l'objet d'un interrogatoire. Pendant toute la journée d'hier, les douaniers poursuivaient leur enquête avec les trois cadres incriminés pour connaître l'origine et la destination des 2 millions d'euros, alors qu'entre-temps l'avion du patron du groupe Khalifa était resté cloué au sol au niveau de l'aéroport d'Alger. En fin de journée, les trois cadres ont été présentés au parquet d'Alger, et mis sous mandat de dépôt. Du côté du groupe, c'est le black-out total. Contactés, les responsables de la compagnie Khalifa, tout en confirmant l'information, ont préféré parler d'"acte isolé qui n'engage que les personnes mises en cause", précisant que "ni l'équipage ni le patron du groupe Khalifa n'ont été informés du contenu des trois valises". Une réaction devant laquelle les douaniers sont restés sceptique estimant que "seule l'enquête révélera les dessous de cette affaire". Une affaire pour laquelle, faut-il le rappeler, les mis en cause risqueraient 6 mois à 5 ans de prison en plus de la confiscation des 2 millions d'euros et du paiement d'une amende de 40 milliards de centimes. Car, selon les douaniers, il y a eu infraction à l'ordonnance sur le contrôle des changes. Hier, cette affaire était au centre des discussions entre douaniers, policiers et personnel au sol des compagnies d'Air Algérie et de Khalifa Airways qui ont reçu une délégation de la centrale syndicale à l'occasion de la grève générale.

Par Salima Tlemçani

El Watan du 26/02/03

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27/02/03