Les mots sont amers,
Comme une épée,
Ils blessent là où ils passent.
La flatterie, elle, facile et reposante
Abuse mais empoisonne.
Un mot, c'est une dette qui n'engage
Que celui qui est libre
Ahmed Fouad Negm
 
  Le procès en appel m'opposant au général Betchine pour avoir dénoncé ses agissements maffieux se tiendra le 31 mars  

 

 

 


 

Sommaire du magazine


édition du 03 mars 2008

 

* Le document qui sauva le général Nezzar

* Pots de vin et corruption à la chambre d’industrie et du commerce algéro-Suisse Bouteflika concerné?

* Les égoutiers musulmans de Paris sommés de prouver leur religion

* Taleb Bendiab Mokhtar, le directeur de l’IMA de nouveau à l’index

 

 

 

 

 

 

 

 

 
lundi 17 mars
 
 

De mon interpellation par la brigade anti-terroriste

et ma garde à vue au commissariat central d'Alger

 

 

Début novembre 1994, Le Libre est transformé en hebdomadaire, afin de pouvoir le faire tirer dans une imprimerie d'Alger, qui me facturait le double du prix pratiqué par les autres sociétés ! Quinze jours après la parution du premier numéro, je suis enlevé dans le bureau du directeur de l'imprimerie par trois policiers des de la brigade anti-terroriste des Renseignements généraux, qui restent, cependant, très corrects avec moi.  


    Au commissariat central d'Alger, je suis accueilli et très bien traité par Mohammed Santoudji et son équipe. La maturité de ces jeunes policiers m’a donné la preuve que, dans la police algérienne, il n'y avait pas que des abrutis. Je suis placé en garde à vue, mais ils ne me descendent pas dans les geôles du sous-sol. Santoudji me cède le lit qui est dans son bureau, tandis que ses deux  collègues, Boubekeur et Ahmed,  dorment à même le sol.

 

    Au moment  des repas, nous allons dans un restaurant en ville, et ils me paient de leur poche le repas, le café, et même les cigarettes.
    Mouloud, le chef de la police judiciaire, qui m'a auditionné le lendemain soir avant que je ne sois déféré devant le parquet, a agi de même. Il a passé la nuit assis sur sa chaise pour que je puisse dormir dans son lit. Le matin, il m’a offert un copieux petit déjeuner dans un café proche du commissariat central.


    Pourtant, les instructions de leur hiérarchie étaient  très différentes. Santoudji a pu le vérifier, le soir même de mon arrestation. A minuit, alors qu'il n'avait pas encore fini mon audition, il fut convoqué au siège de la DGSN, où l’attendait Mohammed Ouaddah, le patron de la police, entouré d'officiers supérieurs du DRS, de la gendarmerie et de la présidence de la République. Il voulaient tous lire la première partie du procès-verbal de mon interrogatoire, et lui suggéraient les questions qu’il fallait me poser.

 

A son retour, il me demanda : « Dis-moi, qui es-tu vraiment ? Tout l'Etat est mobilisé pour ton arrestation. » Il avait suffisamment l’habitude des cabales pour ne pas être dupe. Je n'étais pas arrêté pour mes écrits ou un quelconque délit de presse. On voulait me présenter comme un dangereux terroriste. Il me posa alors les questions qu'ils lui avaient demandées : « Quelles sont tes relations avec le hezbollah libanais ? Quelles sont les mosquées que tu fréquentes ? etc... »    

 

 

 

 

 

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