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Pour faire dans le sensationnel, la chaîne à péage canal+ n’hésite pas à faire dans la grossière manipulation en diffusant un faux organigramme de l’armée algérienne de 1995 et dans lequel elle me représente comme “l’un des patrons de l’Algérie“, alors que j’avais quittée la vie militaire depuis 1990, la chaîne à péage, canal+, m’a diffamé. Elle aura à s’expliquer devant la justice. Dans la soirée du lundi 4 novembre dernier, la chaîne cryptée Canal+ a diffusé un documentaire consacré aux attentats commis par le GIA en France en 1995. Ayant réussi à visionner le documentaire bien avant sa diffusion publique en me procurant la cassette de promotion distribuée à la presse, j’ai demandé à la direction de la chaîne à péage de retirer mon témoignage, marquant par là, ma désapprobation de la grossière manipulation dont se sont rendus coupables les auteurs de ce documentaire. Invité à livrer mon témoignage sur la nature du pouvoir algérien, après avoir exprimé mes réserves quant à l’honnêteté et le professionnalisme de l’un des auteurs de ce documentaire, en l’occurrence Jean Baptiste Rivoire, j’ai demandé à Romain Icare le coauteur qui m’a interviewé des assurances à ce que mes propos ne soient pas sortis de leur contexte et ne fassent pas l’objet de manipulation. Malheureusement, la mauvaise foi des auteurs du documentaire ont été au-delà des limites de la grossièreté. S’il est vrai que la thèse de la création du GIA par les services de sécurité du général Tewfik ne fait pas l’ombre d’un doute, d’ailleurs l’un des manipulateurs du GIA, le capitaine Hocine Ouguenoune le confirme, la démonstration est totalement faussée par un montage qui frise le ridicule et une manipulation grossière. Alors que toute l’opinion publique nationale et internationale ne cesse de dénoncer un clan de généraux maffieux qui s’est imposé aux Algériens par le feu et le sang, canal+ nous sort un faux organigramme de l’armée algérienne qu’elle qualifie de secret et dans lequel figure des officiers de la basse hiérarchie et moi même alors que je ne fais plus partie officiellement des effectifs du Ministère de la Défense Nationale depuis le 16 octobre 1992 et après avoir cessé toute activité depuis octobre 1990. Ce faux organigramme est
accompagné du commentaire suivant: “En 10 ans de guerre,
Nezzar et ses généraux n'ont jamais apprécié
qu'on questionne leurs méthodes. Voici l'organigramme secret des
vrais patrons de l'Algérie. Qui voit-on sur cet organigramme? Au sommet, le général Khaled Nezzar. De son portrait descendent deux flèches. L’une dirigée vers la droite. L’autre, vers la gauche. A droite, comme précisé dans le commentaire, “les forces militaires proprement dites” représentées par le Général Mohamed Lamari qui a sous ses ordres le colonel Ali et au bas de la hiérarchie, le capitaine Chouchène. A gauche, les services secrets
du DRS représentés par le Général major Tewfik.
Ses adjoints sont présentés côte à côte:
les généraux majors Smaïn Lamari et Kamel Abderrahmane
et le colonel Bachir Tartag représenté par une ombre chinoise.
Le premier est le directeur du contre-espionnage et le second est le directeur
de la sécurité de l’armée. Au-dessous du général
Smaïn, le colonel Samraoui est présenté comme le numéro
deux de la direction de l’espionnage. Le capitaine Hocine Ouguennoune
est présenté comme l’adjoint du général
Kamel Abderrahmane et... Hichem Aboud est présenté comme
l’adjoint du colonel Bachir Tartag de la Direction de la Sécurité
de l‘Armée alors que je n‘ai jamais exercé une
quelconque activité dans cette structure.
Mohamed Samraoui, ancien officier qui a préféré sacrifier sa carrière avec tout ce que cela implique comme risques et désagréments à sa famille est présenté à tort comme le bras droit de l’un des plus crapuleux criminels de l’histoire de l’humanité, le général Smaïn directeur du contre espionnage des services secrets algériens. Or, Mohamed Samraoui à l’époque des attentats de Paris et tout au long de la période qui a vu sévir le GIA en Algérie, était au grade de commandant et non pas de colonel comme veut le faire croire le documentaire de canal+. Mieux encore. Depuis le 31 août 1992, il était en poste en Allemagne en qualité d’attaché militaire, jusqu’à sa désertion en 1996 alors qu‘il était Lieutenant-colonel. Du moins c’est ce que je crois savoir le concernant. Dans son témoignage, à aucun moment, il n’a adopté un ton affirmatif ou fait un quelconque récit de faits dont il était l’auteur ou le témoin direct. Il n’a fait que rapporter ce qui lui a été dit par des collègues rencontrés à l’étranger. Rien ne dit qu’il faisait partie de la chaîne de commandement de cette entreprise terroriste. Le seul à avoir adopté un ton affirmatif et relatant dans les détails, le recrutement de Djamel Zitouni Zitouni et les raisons de sa manipulation est le capitaine Hocine Ouguenoune. Bien qu’il a eu à manipuler Djamel Zitouni comme il l’affirme dans son témoignage et bien qu’il soit le seul à avoir vécu de l’intérieur la création et la manipulation du GIA, il était loin d’être le numéro deux de la Direction de la Sécurité de l’Armée que dirigeait le général Kamel Abderrahmane Pourquoi toute cette manipulation? Pourquoi un faux organigramme? Pourtant la réalité algérienne est tellement dramatique qu’elle n’a pas besoin d’artifices et de manipulation. Il suffit de prendre une caméra et filmer le quotidien des Algériens dans n’importe quel coin de l’Algérie. Les raisons de la manipulation sont beaucoup plus profondes qu’on ne le croit. Les attentats qui ont secoué la capitale française n’ont servi, en fait, qu’un prétexte à une guerre que se livrent depuis de longues années les services de renseignements français à savoir la DST et la DGSE. Distancée par sa concurrente sur le terrain algérien grâce à la coopération établie depuis le milieu des années quatre-vingt entre la DST et les services secrets algériens, la DGSE (services d’espionnage français) qui devait être plus performante à l’étranger que sa rivale sensée opérer plus à l’intérieur du territoire français qu’à l’étranger, veut faire siennes les trois prochaines années en Algérie. Autrement dit rattraper le terrain perdu. C’est ce qui explique cette mise en cause directe de la DST dans les attentats de Paris. Cela fait partie, aussi, de la guerre qui fait rage dans les coulisses de l’État français pour la nomination du futur patron de la DGSE qui tarde à se faire depuis plusieurs mois. D‘autre part, les auteurs de ce pitoyable documentaire ont reconduit un schéma éculé sur la situation en Algérie. Ils nous renvoient au début des années quatre vingt-dix en réduisant le drame algérien à une confrontation entre le pouvoir et les islamistes. Une fois de plus on veut occulter la réalité du drame algérien. Que fait-on de cette révolte qui dure depuis plus d’une année en Kabylie contre le pouvoir en place? Une révolte qui a coûté la vie à plus d’une centaine de victimes. Que fait-on de ces émeutes populaires qui éclatent quotidiennement aux quatre coins du pays pour crier le ras le bol d’un système pourri? Non, en Algérie, l’équation ne se réduit pas à deux antagonistes: islamistes et pouvoir. C’est tout le peuple contre le pouvoir de généraux maffieux. DGSE et DST feraient mieux de régler leurs contentieux ailleurs que sur le terrain algérien. NOus avons suffisamment souffert des affres du colonialisme français durant plus d’un siècle et un quart de siècle. Nous avons suffisamment souffert de leurs anciens sous officiers qu’ils nous ont légués. M. Jean baptiste Rivoire ira mieux exercer son talent de manipulateur, ailleurs en attendant qu’on règle tout ça devant la justice. Cela lui apprendra qu’à force de faire dans la manipulation des algériens il a fini par tomber sur un os dur. Il aura à prouver mon appartenance à la chaîne de commandement de l’organisation terroriste la plus crapuleuse de l’histoire et qui a commis les crimes les plus abjects. Quant aux autres qui ont été présentés dans cette chaîne de commandement, libre à eux d’approuver la position qu’on leur a attribué ou de saisir la justice, à leur tour s’ils sont innocents. Hichem Aboud |