Les mots sont amers,
Comme une épée,
Ils blessent là où ils passent.
La flatterie, elle, facile et reposante
Abuse mais empoisonne.
Un mot, c'est une dette qui n'engage
Que celui qui est libre
Ahmed Fouad Negm
 
  Agissons pour l'instauration de la démocratie en Algérie Agissons pour l'instauration de la démocratie en Algérie  

 

 

Ce livre est le cauchemar de ceux qui ont abusé de l'Algérie et de son peuple

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 


 

Le pourquoi des non-dits

 

Il est enfin rendu public ce fameux rapport de la commission d'enquête sur l'assassinat du président Boudiaf. Tant attendu par l'opinion publique, ce rapport de l'avis de nom-breux observateurs n'a rien apporté de nouveau.

 

Bien au contraire, il alaissé planer le doute sur l'existence de commanditaires si l'on vient à comparer ses termes avec ceux des résultats préliminaires du 25 Juillet où l'on relevait le rejet catégorique est sans ambages de la thèse de l'acte isolé. Non seulement ce rapport n'a pas permis à la vérité, en aucune ma­nière, d'avancer du fait que ses démarches se sont avérées vaines. Pis encore,1'on veut nous amener à faire le malheureux constat suivant: Un Etat avec toutes ses institutions, toutes ses structures, ses services de sécurité et une commission d'enquête spéciale finissent presque par s'avouer vaincus devant un tout petit.... sous-lieutenant.

 

Et que l'on ne vienne pas nous sortir l'histoire de l'assassinat de J.F.Kennedy. Car, un membre d'une commission d'enquête qui se refuse de jeter l'opprobe sur quelque personne que ce soit ne peut se permettre de lancer en public: "le peuple pense que les commanditaires sont au pouvoir et il a raison"; Ce sont les propos tenus par M.Bouchaib Vendredi à Annaba. C'est dire que dans son for intérieur, le président de la commission d'enquête a une profonde conviction que quelque part dans les rouages du pouvoir" les véritables assassins de Boudiaf sont bel et bien là .

 

Reste cependant, à définir la vraie signification du terme"pouvoir". Qu'entend-on par pouvoir? Le H.C.E ?le gouverne­ment ? ou les services de sécurité ?Ou s'agirait-il d'un quelconque pouvoir occulte ? La clarification s'impose d'elle- même. Néanmoins ,la thèse de l'existence de ces commanditaires dans les arcanes du pouvoir ( quel qu'il Soit) suffit ,à elle seule, à expliquer dans une certaine mesure l'incapacité de la commission d'enquête d'apporter des révélations dignes d'intérêt. C'est qui explique, également, l'étrange mutisme de Boumarafi.


S'agissant de ce dernier ,1'on a du mal à comprendre son obstination à garder le silence sur les instigateurs du crime. A-t-il reçu des garanties ? Si c'est le cas , elles ne peuvent émaner que de personnes de très haut niveau. Faudrait-il à ses commanditaires, de garder contact avec lui pour éviter tout fléchissement.Ce qui suppose qu'ils ont la possibilité de poursuivre leur travail de conditionnement de l'exécutant même dans sa cellule. Dans le cas où l'on exclue la thèse des garanties l'on ne peut conclure qu'à l'acte isolé.

Une thèse difficile à retenir si l'on vient à se pencher sur les défaillances des services de sécurité relevées dans le rapport d'enquête. Dans ce dernier , il est mentionné que : " l'intégration du sous -lieutenant Boumaarafi Lembarek dans le groupe d'intervention spécial , en mission à Annaba a été décidé à la dernière minute puisqu'il est porteur d'un ordre de mission individuel et qu'il n'était pas porté sur la liste établie le matin et dont la copie était déjà transmise au DRS .Sa désignation par le commandant Hammou l'a été con tre le gré du lieutenant Torki qui se plaignait de son indiscipline et de son mauvais caractère."


Qui a décidé de l'intégration en dernière minute d'un élément indiscipliné dans un dispositif de sécurité chargé d'une mission de très haute importance ? Qui a permis à cet élément rejeté par son chef direct pour son mauvais comportement de faire partie d'une unité (le GIS) qui "agissait pour la première fois en tant qu'unité de protection rapprochée du président sans coordination avec le service de sécurité présidentielle "? Comment se fait-il que toutes ces interrogations et tant d'autres sur les défaillances des services de sécurité n'ont pas trouvé la moindre réponse dans le rapport de la commission d'enquête ? Pourquoi les membres de ladite commission ne se sont -ils pas interrogés sur ces étranges coïncidences : désignation du GIS pour la première fois en tant qu'unité de protection, intégration en dernière minute de l'assassin, absence de coordination entre le GIS et la sécurité présidentielle, ignorance des responsables de la protection rapprochée de la présence des éléments du GIS derrière le rideau ,et l'incompréhensible désertion des trois agents directement concernés par la protection physique du président. La conjugaison de tous ces facteurs ont fait que Boumaarafi a eu le libre champ pour exécuter sa sale besogne.On aurait aimé lire dans le rapport de la commission les observations de ses membres sur ces coincidences.

La réponse à toutes ces interrogation aurait évité le doute qui est venu s'installer dans les esprits et mettre mal en point un pouvoir déjà suffisamment fragilisé par l'actuelle situation préoccupante que vit le pays

Hichem ABOUD

El-Acil du 14 décembre 1992

 


 

 

 

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