Les mots sont amers,
Comme une épée,
Ils blessent là où ils passent.
La flatterie, elle, facile et reposante
Abuse mais empoisonne.
Un mot, c'est une dette qui n'engage
Que celui qui est libre Ahmed Fouad Negm
Ce livre est le cauchemar de ceux qui ont abusé de l'Algérie et de son peuple
Portrait
Plainte
du Général Larbi Belkheir contre Hichem Aboud :
Le
juge d'instruction prononce le non lieu
Je viens
d'apprendre au niveau du tribunal de Paris où j'e m'étais
rendu pour m'enquérir sur les suites réservées
à la plainte déposée par le général
Larbi Belkheir à mon encontre , que la juge d'instruction Marie-Françoise
Verdun a prononcé le non-lieu en rendant le 15 novembre 2002
une ordonnance de constatation de l'extinction de l'action publique.
Il est à
rappeler que suite à une interview que j'avais accordée
à l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur publiée le 14 juin
2001 et dans laquelle j'accusais le général Larbi Belkheir
d'être parmi les commanditaires de l'assassinat de Ali Mecili
survenu à Paris en 1987, l'actuel directeur de cabinet du président
Abdelaziz Bouteflika a déposé plainte auprès du
tribunal de grande instance de Paris me poursuivant pour diffamation.
Le 26 mars
2002, j'ai été mis en examen par le juge Jean-Paul Valat.
Devant le juge, j'ai maintenu mes accusations contre le général
Larbi Belkheir en précisant qu'il n'est pas le seul commanditaire
et que je n'entends pas blanchir ceux qui autour de l'ex président
Chadli Bendjedid ont agi à l'ombre pour ordonner un crime crapuleux.
C'est au nom de cette mafia que le général Larbi Belkheir
a donné ordre de monter l'opération qui a coûté
la vie à l'avocat Ali Mecili. J'ai, également, fait remarquer
au juge que j'ai porté d'autres accusations contre le général
Belkheir, entre autres, la constitution d'une association de malfaiteurs
en clans mafieux qui a commandité l'assassinat du président
Boudiaf, qui a manipulé les événements d'Octobre
1988 et créé la première frange des GIA.
L'extinction de l'action publique serait-elle la conséquence
d'un éventuel retrait de plainte de la part du général
Belkheir ou une décision prise par le parquet de Paris pour éviter
l'organisation d'un procès qui mettra à mal l'Etat français
du moment qu'il constituera à coup sûr une occasion inespérée
pour la réouverture du dossier de l'assassinat de Ali Mecili
? Un assassinat dont la complicité des services français
est établie. Dans les deux cas de figure, mon accusation contre
le général Belkheir mérite d'être prise en
considération par la justice française pour que ce crime
ne reste pas impuni.
Le général
Larbi Belkheir a été informé de cette décision
dans le courant du mois de novembre dernier par l'intermédiaire
de son avocat Me Szpiner. Aussi paradoxal que cela puisse paraître,
le général Belkheir qui se disait atteint dans son honneur
par mes accusations n'a pas fait appel et n'a nullement renouvelé
sa plainte. Ce qui conforte mon accusation.
Je ne manquerai
pas d'ajouter au dossier la notification du non lieu rendu par la justice
française, au juge Thouvenot chargé de l'instruction de
l'affaire Mecili et auprès de qui j'avais déposé
en tant que témoin le 11 juillet 2001 pour mettre en cause le
général Belkheir. Je ne me suis pas limité à
proférer des accusations par voie de presse, mais j'ai saisi
la justice en tant que témoin en rapportant des déclarations
qui m'ont été faites par l'un de ceux qui ont piloté
l'opération.
Il n'y a
pas l'ombre d'un doute que l'assassinat de Ali Mecili a bel et bien
été commandité par le pouvoir d'Alger. La justice
française dispose, aujourd'hui, de suffisamment d'éléments
pour ouvrir ce lourd dossier.
Outre l'arrestation,
à Paris, de l'assassin Abdelmalek Amellou en possession d'un
ordre de mission des services secrets algériens, signé
par le capitaine Hassani Rachid, l'accusation que je porte contre le
général Belkheir est fondée et ne souffre aucun
équivoque. D'autre part, le juge Thouvenot peut entendre le colonel
Samraoui Mohamed, aujourd'hui exilé en Allemagne, qui m'a avoué
avoir accompagné le capitaine Hassani à l'hôtel
Essalem de Skikda pour remettre à Amellou la valise contenant
les 800. 000 Francs Français (80 millions de centimes) comme
prime d'exécution du contrat. Cette information je l'avais fournie
au juge Thouvenot, lors d'une deuxième visite à son bureau,
après avoir obtenu l'accord du colonel Samraoui. Je n'avais pas
manqué de demander à ce dernier d'aller déposer
son témoignage auprès du juge d'instruction.
Que reste-t-il
à la justice française pour faire le procès des
assassins de Mecili ? Ses anciens compagnons qui bénéficient
de suffisamment de poids sur la scène politique et médiatique
française, notamment Ahmed Benbella et Hocine Aït-Ahmed
dont le rapprochement a coûté la vie à Ali Mecili
sont interpellés pour que justice soit rendue à ce militant
de la liberté et de la démocratie.