Des saoudiens pour sauver KTV

C'est officiel. Des négociations sont actuellement en cours entre Rafik Khalifa et des émirs saoudiens pour le rachat de KHALIFA TV. Selon des sources dignes de foi, c'est le général Larbi Belkheir directeur de cabinet de Bouteflika, et qui a des entrées solides dans les palais du Golfe, qui a intervenu personnellement auprès de ses amis saoudiens pour entreprendre l'opération sauvetage de cette chaîne de télévision pas comme les autres. Les négociations portent sur le nombre d'actions à céder aux saoudiens. Ces derniers n'ignorent pas que leurs partenaires algériens sont en difficultés financières. Ils en profitent, alors, pour ne pas se contenter de jouer aux mécènes en apportant l'argent sans avoir la possibilité de contrôler réellement la chaîne.

Incapable de s'autofinancer, KHALIFA TV que ses dirigeants occultes représentés par Rafik Khalifa comptaient entretenir financièrement à partir d'Alger, ont fini par réviser leurs calculs après l'arrestation à l'aéroport d'Alger de Djamel Guelimi, ami d'enfance de Rafik et président de la chaîne de télévision, avec deux complices, en possession de trois mallettes bourrées de billets de banques. Ils sont revenus à l'évidence qu'on ne peut financer une société de droit français à partir de l'Algérie.

En ouvrant le capital aux saoudiens, les propriétaires de KHALIFA TV prouvent une fois de plus qu'ils s'obstinent à ne laisser aucun algérien pénétrer leur jardin secret. Larbi Belkheir explique, à ses proches, son intervention comme " acte humanitaire " pour sauver les emplois des salariés de la chaîne. Pourtant, il y a bien des Algériens qui voudraient investir dans le champ audiovisuel qui demeure hermétiquement fermé en Algérie. Et quand il s'agit de lancer une chaîne algérienne à l'étranger, il faudrait qu'elle soit entre des mains de fidèles du pouvoir des généraux maffieux. Un tour de table qui aurait réuni des hommes d'affaires algériens pour entrer dans le capital de la chaîne ne serait-il pas une meilleure solution que de se livrer aux saoudiens? Les décideurs algériens, qui sont derrière l'ascension de Khalifa, tiennent à préserver le secret de de leurs magouilles.

 

 

le 19/03/03

 

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